C’est l’histoire d’un arbre. Un oranger venu de loin, d’un pays du soleil, Maghreb oblige. Un oranger éclatant de promesses. Des fruits gonflés d’incertaines ivresses A murmurer dans la tiédeur de la nuit. L’oranger des espoirs de mon adolescence. Mon père me l’avait offert pour mes 15 ou 16 ans, saluant par là-même mes premiers choix. Où les rêves d’enfant ne se mêlent plus trop au monde des adultes, pour le meilleur comme pour le pire ! En ces temps-là, mon père et moi formions à nous deux mon unique famille, ma mère nous ayant quittés depuis longtemps, mes frère et sœur jumeaux avaient emboité le pas. - Et le petit dernier ? - Lui ? Il avait été dès son plus jeune âge chez une nourrice de lait issue de la famille de ma mère. Si ces lignes se sont dressées sur la page vierge de mon cahier à spirales, c’est à la suite d’une scène qui m’a été donnée il y a à peine quelques heures. Puis mon père s’en est allé aussi. Dans l’enfer de la to...
- Les bars débordent de rires et de mots outranciers, de filles et de bonnets. Parfois la bagarre est dans la rue. - C’est là que notre homme a trouvé sa fin, légitime certes, mais inavouable : il venait de voler. Voler une princesse à son homme ! Et la princesse, c’était toi, aussi ! Tu t’aventurais souvent dans ce quartier à la recherche de l’aventure d’un soir, d’une nuit. Et tu l’as trouvée ! Avec l’homme de ta vie … Lui, avait été quelques mois auparavant soldat dans l’armée de terre. Avant de rejoindre son groupe, il avait décidé de parcourir le monde dans l’attente de découvertes majeures. Et en effet, il fit ta rencontre. A l’époque, tu étais comme beaucoup de jeunes, fraiche, et frêle. Tu arpentais déjà les trottoirs de Manille et vivais toi et tes sœurs de l’obole des marins de passage. Rien ne t’y obligeait, pourtant tu avais pris goût à la chose. Tu fus remarquée par un des mafieux qui sévissait dans le coin. Très rapidement, tu fus sa chose plu...